Équipe FABRE & LESAGE

Biologie de l’Instabilité des Génomes (GeBi)

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La génomique a révolutionné notre compréhension du vivant : vingt ans de séquençage haut débit ont révélé non seulement la séquence primaire des génomes, mais aussi leur organisation spatiale en 3D au sein de la cellule. Ces avancées ont mis en lumière une réalité fascinante : les chromosomes eucaryotes abritent une multitude d’éléments transposables — des séquences d’ADN mobiles, répétées et dispersées — et leur organisation dans le noyau n’a rien d’aléatoire.

Notre recherche explore un lien clé : comment l’architecture 3D de la chromatine et les éléments transposables interagissent pour préserver l’intégrité du génome et réguler son expression. En utilisant la levure Saccharomyces cerevisiae comme modèle, nous cherchons à élucider les mécanismes conservés qui lient ces deux piliers de l’homéostasie génomique.

Photo de la co-cheffe d'équipe de l'équipe n°3 de l'IRSL : DR1 CNRS Emmanuelle FABRE (Biologie de l’Instabilité des Génomes (GeBi))

Emmanuelle FABRE

Directrice de Recherche (DR1 CNRS) Directrice Adjointe CNRS EMR800 || Cheffe d'équipe

Photo de la co-cheffe d'équipe de l'équipe n°3 de l'IRSL : DR1 CNRS Pascale LESAGE (Biologie de l’Instabilité des Génomes (GeBi))

Pascale LESAGE

Directrice de Recherche (DR1 CNRS) ; HDR || Cheffe d'équipe

Axes explorés

Axe 1 : Dommage à l’ADN :  Interaction entre séquences répétées et organisation du génome dans la (in)stabilité génomique

Les cassures double brin représentent les dommages de l’ADN les plus graves pour la cellule. Non réparées, elles peuvent provoquer des anomalies chromosomiques comme l’aneuploïdie, des mutations génétiques, voire la mort cellulaire. La recombinaison homologue est l’un des mécanismes universels permettant de corriger ces lésions. Elle utilise une molécule d’ADN intacte comme matrice pour restaurer l’intégrité du génome. La première phase de ce processus repose sur la recherche d’homologie et l’invasion du brin d’ADN, une étape catalysée par le complexe protéique Rad51. Cependant, la complexité de cette étape initiale est accrue par l’organisation spatiale des chromosomes dans le noyau, ainsi que par la présence de séquences répétées, telles que l’ADN satellite en tandem, l’ADN télomérique ou les éléments transposables. Ces caractéristiques compliquent la compréhension de cette étape essentielle de la réparation des cassures double brin.

Notre objectif est de déterminer comment l’organisation des chromosomes influence la recherche d’homologie lors de la réparation d’une cassure double brin au sein de séquences uniques et répétées comme les rétrotansposons Ty2 et les séquences télomériques. Cet axe repose sur de la microscopie temporelle sur cellules vivantes combinée à des approches de biologie moléculaire et cellulaire.

Axe 2 : Rétrotransposon Ty1 etstabilité génomique : Rôle des protéines liant l’ARN Ty1 dans le contrôle de la rétrotransposition

La contribution des éléments transposables de type rétrotransposon au développement de cancers est généralement associée à leur pouvoir mutagène et leur capacité à déréguler l’expression des gènes. Cependant, des études récentes révèlent que les étapes intermédiaires de la rétrotransposition peuvent également avoir des effets significatifs sur la santé, soulignant l’importance de comprendre la régulation de toutes les étapes de la réplication des rétrotransposons. L’ARN des rétrotransposons est essentiel à leur réplication (matrice pour la traduction et la transcription inverse). Ses propriétés ainsi que ses interactions avec les protéines cellulaires restent mal comprises. 

Notre objectif est de caractériser les ribonucléoparticules (RNP) des rétrotransposons, en utilisant le rétrotransposon Ty1 de S. cerevisiae comme modèle. Ces protéines pourraient réguler le devenir des ARN rétrotransposons, moduler la rétrotransposition, et contribuer à la protection du génome. Cet axe repose sur la mise au point d’une approches protéomique innovante combinée à des approches de biologie moléculaire et cellulaire.

Axe 3 : Mécanismes d’intégration du rétrotransposon Ty1 : rôle de l’organisation du génome et de la chromatine

Les rétrotransposons, comme Ty1 chez la levure, sont des éléments mobiles majeurs des génomes eucaryotes. Leur intégration dans l’ADN dépend d’un environnement chromatinien complexe, où l’accessibilité est régulée par des protéines de liaison à l’ADN, des remodeleurs de chromatine et des modifications d’histones. Cependant, les mécanismes précis guidant leur intégration restent mal compris.

Précédemment, nous avons démontré que Ty1 s’intègre préférentiellement en amont des gènes transcrits par l’ARN polymérase III (Pol III), grâce à une interaction entre son intégrase (IN1) et la Pol III (Bridier-Nahmias, Science 2015 ; Asif-Laidin EMBOj 2020). En présence de l’intégrase, la Pol III adopte une conformation distincte, prolongeant son temps de résidence sur la chromatine et favorisant l’intégration de Ty1 en amont des gènes transcrits par la Pol III (Nguyen, Nature Communications, 2023). Si l’interaction avec la Pol III est abolie, Ty1 cible les subtélomères, suggérant un rôle des cofacteurs locaux ou des marques chromatiniennes dans ce processus.

L’enjeu de cet axe est de comprendre comment la dynamique de la chromatine et l’organisation du génome guident l’intégration des rétrotransposons, un modèle pour les rétrovirus. Pour identifier les interactions entre IN1, ses cofacteurs et la chromatine, essentielles à une intégration réussie,nous combinons plusieurs approches incluant la biologie moléculaire et structurale, lagénétique et la génomique.

Membres de l'équipe

Beatrice CAPUZZI

doctorante UPC (FRM)

Cecilia MARTUZZI

Doctorante UPC (MESR)

Emmanuelle BOURDELIER

Tech UPC

Emmanuelle FABRE

DR1 CNRS / Cheffe d’équipe

Hélène BONNET

Doctorante UPC (MESR)

Lucas GONZALEZ

IE CDD FRM

Nathan LACOMBE

doctorant UPC (MESR)

Pascale LESAGE

DR1 CNRS / Cheffe d’équipe

Tom BONNIFET

Post-Doc ANR

Alumni de l'équipe

Adeline VEILLET

Post doctorante (actuellement Ingénieure de Recherche chez DNA Script)

Alessia ZAMBORLINI

MdC (actuellement Professeur – Paris Sud)

Alexa TAMBON

PhD, doctorante (actuellement cheffe de projet à l’EFREI)

Alice BRION

IE CDD (actuellement Ingénieure de Recherche CNRS, MNHN)

Amandine Bonnet

Postdoctorante (actuellement Ingénieure-chercheuse CEA, Fontenay-aux-Roses)

Amna LAIDIN

Postdoctorante (actuellement Postdoc aux Cordeliers, Paris)

Ana RIVAROLA

Post Doctorante (actuellement Professeur, Asunción, Paraguay)

Anastasia BARKOVA

PhD, doctorante (actuellement Ingénieure Data et IA chez Hymaïa)

Annia CARRE SIMONS

PhD, doctorante (actuellement post doc NYU, New York, USA)

Antoine BRIDIER-NAHMIAS

PhD, MdC à Université Paris Cité

Antoine CANAT

PhD, doctorant (actuellement Postdoc à Munich, Allemagne)

Arthur CORMIER

IE CDD (actuellement technicien supérieur à Cellprothera)

Audrey COORNAERT

Postdoctorante (actuellement Responsable Valorisation et Partenariats pour l’Université de technologie de Compiègne)

Baptiste ODIC

IE CDD (actuellement Chargé d’études CDI à l’Institut Gustave-Roussy, Villejuif)

Camille GRISON (PARPAILLON)

IE CDD (actuellement Software engineer à Capgemini)

Carole CHAPUT

Licence 3 en apprentissage (actuellement Postdoc à Tampere University, Finlande)

Charlotte MARTINAT

PhD, doctorante (actuellement IR, Pôle de Médecine Diagnostique et Théranostique de l’Ensemble Hospitalier, Institut Curie)

Éléonore BIRGY

IE CDD (actuellement Ingénieure en Bioinformatique au CHU de Nice)

Étienne ALMAYRAC

PhD, doctorant (actuellement homologateur applications chez ATOS)

Fabiola GARCIA-FERNANDEZ

PhD, doctorante (actuellement Postdoc, Institut de Biologie Paris Seine)

Florian SUTZ

IE CDD (actuellement Ingénieur chez Sanofi)

Hélène SERVAS

IE CDD (actuellement Attachée de Recherche Clinique chez PPD)

Imen LASSADI

Postdoc (actuellement Research associate à l’université de Cambridge, UK)

Joëlle TOBALY-TAPIERO

CR CNRS (retraitée)

Julie RENARD

IE CDD (actuellement IE à l’Hôpital St Louis)

Maya SPICHAL

PhD, doctorante (actuellement Research associate à UMass Medical school, USA)

Noé PALMIC

Technicien (actuellement Technicien à Tours)

Pierre THERIZOLS

CRCN CNRS (actuellement Epigénétique et Destin Cellulaire, Paris)

Rachid MENOUNI

Post-Doctorant (actuellement Enseignant en biotechnologie)

Renaud BATRIN

Assistant Ingénieur CNRS (actuellement IE CNRS Orléans)

Sébastien HERBERT

PhD, doctorant (actuellement IR à l’Institut Pasteur)

Seed MIHIC

Postdoctorante (actuellement Project manager chez Orphanet)

Yasmine KHALIL

IE CDD (actuellement Ingénieure développement chez Kickmaker)

Zacchari BEN MERIEM

PhD, doctorant (actuellement Ingénieur CRCT, Toulouse)

Publications

2025 BioRXiv

Microtubule-dependent regulation of chromatin dynamics by the Smc5/6 complex

Ànnia Carré-Simon, Cecilia Martuzzi, Sarah Isler, Renaud Batrin, Henrik Dahl Pinholt, Timothy Földes, Guillaume Laflamme, Maria Barbi, Leonid Mirny, Damien D’Amours, Emmanuelle Fabre

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2023 J Cell Sci.

DAXX safeguards heterochromatin formation in embryonic stem cells

Antoine Canat, Adeline Veillet, Renaud Batrin, Clara Dubourg, Priscillia Lhoumaud, Pol Arnau-Romero, Maxim V C Greenberg, Frédéric Bonhomme, Paola B Arimondo, Robert Illingworth, Emmanuelle Fabre, Pierre Therizols

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2023 Nature Communications

Structural basis of Ty1 integrase tethering to RNA polymerase III for targeted retrotransposon integration

Phong Quoc Nguyen, Sonia Huecas, Amna Asif-Laidin, Adrián Plaza-Pegueroles, Beatrice Capuzzi, Noé Palmic, Christine Conesa, Joël Acker, Juan Reguera, Pascale Lesage & Carlos Fernández-Tornero

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2023 Nature Communications

Exploration of nuclear body-enhanced sumoylation reveals that PML represses 2-cell features of embryonic stem cells

Sarah Tessier, Omar Ferhi, Marie-Claude Geoffroy, Román González-Prieto, Antoine Canat, Samuel Quentin, Marika Pla, Michiko Niwa-Kawakita, Pierre Bercier, Domitille Rérolle, Marilyn Tirard, Pierre Therizols, Emmanuelle Fabre, Alfred C. O. Vertegaal, Hugues de Thé & Valérie Lallemand-Breitenbach

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Financements