Équipe MICHONNEAU
Immunologie Translationnelle en Immunothérapie et Hématologie (TIGITH)En apprendre plus sur l'équipe
Notre équipe de recherche, Translational Immunology in Immunotherapy and Hematology (TIGITH), développe des projets fondamentaux et translationnels qui étudient les mécanismes immunologiques permettant de comprendre le mode d’action des immunothérapies (allogreffes de cellules souches hématopoïétiques, cellules CAR, anticorps bispécifiques), de prédire la réponse au traitement et d’en améliorer les résultats. Notre équipe s’intéresse également à l’immunopathologie des maladies hématologiques comme l’aplasie médullaire acquise, afin de déterminer les mécanismes biologiques à l’origine de la réponse immunitaire contre les cellules souches hématopoïétiques et de leur évolution clonale.
Nos approches expérimentales combinent l’utilisation de modèles murins, de tests fonctionnels in vitro et d’approches multi-omiques sur des échantillons humains issus de collections biologiques (single cell RNA-sequencing, cytométrie de masse et spectrale, métabolomique, single cell DNA + RNA seq).
Notre équipe fait partie du SIRIC InSitu, de l’Institut de la Leucémie et de l’InIdex Paris Immuno-oncologie.
Axes explorés
Axe 1 : Allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
Pr David Michonneau
L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques est un traitement curatif des hémopathies malignes et non malignes, dont l’efficacité repose sur la réponse immunitaire allogénique dirigée contre les cellules tumorales, appelé effet du greffon contre la tumeur (GvT) ou effet du greffon contre la leucémie (GvL). Les principales complications sont la réaction du greffon contre l’hôte (GVHD) et la rechute des hémopathies malignes sous-jacentes (leucémies, lymphomes, syndrome myélodysplasiques et myéloprolifératifs).
Nos projets de recherche visent à comprendre les mécanismes de la réponse alloimmune au cours de la GVHD ou de la réponse antitumorale à travers l’analyse multiomique d’échantillons humains issus de cohortes multicentriques et de modèles murins. Le projet PORTRAIT (Prediction of Relapse Through Artificial Intelligence and multiomics after allogeneic HSCT) combine l’utilisation de modèles d’apprentissage automatisé, des données cliniques et multiomiques (cytométrie de masse, métabolomique) pour développer des outils prédictifs de la rechute après allogreffe de CSH.
Le Projet alloPHAGE (Unravelling the interplay between intestinal Bacteroides genus and antitumor immune response following allogeneic HSCT: toward phage therapy-targeted modulation of gut microbiota to prevent relapse) a pour objectif de développer des modèles murins d’allogreffe de CSH et de réponse anti-tumorale et d’étudier l’impact du microbiote digestif sur la régulation de la réponse immunitaire contre les cellules cancéreuses, et la modulation de la composition fine du microbiote par l’utilisation des bactériophages, afin d’améliorer l’efficacité de cette réponse.
Financement : ANR PRCE, INCA PLBIO, FONDATION ARC SIGNIT
Axe 2 : Aplasie médullaire acquise
Pr David Michonneau
L’aplasie médullaire acquise (AA) est une hémopathie rare caractérisée par une destruction immuno-médiée des progéniteurs hématopoïétiques, qui peut évoluer dans 15 à 20% des cas vers une hémopathie maligne myéloïde. Le projet HEALIA (Hématopoïèse et Immunopathologie des aplasies médullaires acquises) vise à caractériser la réponse immunitaire et les anomalies de l’hématopoïèse à l’origine de l’AA dans la moelle des patients et à déterminer les mécanismes moléculaires à l’origine de leur évolution clonale. Cet axe repose sur une cohorte multicentrique d’échantillons médullaires issue de la collection biologique RIME du Centre national de référence des aplasies médullaires (https://aplasiemedullaire.com/) et sur l’utilisation d’approches transcriptomiques et génomiques en cellules uniques.
Financement : DIM ITAC, Association Laurette Fugain, Fondation Maladie Rare, Association AA-HPN France
Axe 3 : Effet immunorégulateur des populations innées au cours des leucémies aigues
Dr Mathieu Chevalier
1 – Fonctions ambivalentes des cellules MAIT dans l’effet du greffon contre la leucémie
Si le rôle des lymphocytes T conventionnels dans l’effet GVL est bien établi, celui d’autres populations immunitaires, reste mal compris. Les cellules T invariantes associées aux muqueuses (MAIT), des lymphocytes T dits « innés », pourraient jouer un rôle ambivalent dans ce contexte, à la fois effecteur et régulateur. Notre projet vise à étudier le dialogue entre les MAIT et les acteurs cellulaires de ce contexte allogénique afin de mieux comprendre leur implication dans l’équilibre entre GVL et GVH, dans une approche à la fois fondamentale et translationnelle.
2 –Rôle des cellules myéloïdes suppressives (MDSC) dans les leucémies pédiatriques
Les MDSC sont des cellules régulatrices capables de freiner la réponse immunitaire anti-tumorale. Chez l’adulte, leur présence à des niveaux élevés est associée à un mauvais pronostic dans plusieurs cancers. En revanche, elles restent peu étudiées chez l’enfant et leur rôle dans les LAM pédiatriques, un cancer du sang rare mais agressif, n’est pas connu. Nous avons observé que les MDSCs sont augmentées après allogreffe chez l’adulte et sont négativement corrélées aux taux de lymphocytes T. Ce projet vise donc à caractériser ces cellules chez les enfants atteints de LAM, en analysant leur évolution durant le traitement, leurs fonctions immunorégulatrices, et leur impact potentiel sur la rechute.
Financement : Emergence UPC, Paris Kids Cancer
Axe 4 : Cellules MAIT génétiquement modifiées pour l’immunothérapie des cancers
Pr Sophie Caillat-Zucman, Dr Vincent Allain
Les limitations des thérapies antitumorales par cellules CAR-T autologues incitent à développer des produits universels à partir des cellules immunes de donneurs sains, permettant de faciliter leur production, d’améliorer leur efficacité et de réduire leur coût. Les cellules MAIT, qui portent un récepteur T (TCR) semi-invariant de spécificité très restreinte, n’ont pas de capacité alloréactive et représentent ainsi une nouvelle source de cellules CAR-T universelles à forte capacité migratoire tissulaire. Nous avons démontré la preuve de concept d’efficacité des CAR-MAIT anti-CD19 in vitro et in vivo (brevet EP3898946B1), et évaluons actuellement leur intérêt dans des tumeurs solides avec l’objectif d’une application thérapeutique. Nous explorons en parallèle la possibilité de générer des cellules CAR-MAIT in vivo à l’aide de nanoparticules lipidiques (LNP) véhiculant de l’ARNm codant pour un CAR (collaboration avec le Pr. Chantal Pichon, INSERM US55, Orléans).
Par ailleurs, à l’image des avancées récentes sur la production de cellules CAR-T « augmentées », les thérapies CAR reposant sur des plateformes cellulaires alternatives telles que les cellules NK ou MAIT pourraient bénéficier des technologies d’édition du génome afin d’accroître, moduler ou réorienter leur fonctionnalité. Dans ce but, nous développons une boite à outils dédiée à l’ingénierie génétique de ces cellules, incluant la délétion génique par CRISPR, le base-editing et l’intégration ciblée de transgènes via des vecteurs AAV. L’objectif est de générer des cellules CAR universelles plus performantes en termes de persistance, de résistance à l’immunosuppression du microenvironnement tumoral, et de capacité à mobiliser la réponse immune endogène.
Financement : fondation ARC, SIRIC-InSitu
Membres de l'équipe
Alumni de l'équipe
Armelle BOHINEUST
post-doctorante - 2020-2022
Gaetano SODARO
post-doctorant - 2022-2023
Idan MILO
post-doctorant - 2020
Jennifer BORDENAVE
post-doctorante - 2020-2025
Justine POIROT
doctorante - 2017-2022
Laetitia DUBOUCHET
Doctorante - 2017-2021
Nana TALVARD-BALLAND
doctorante - 2017-2020
Nicolas VALLET
Doctorant - 2019-2022
Norbert MINET
post-doctorant - 2022-2025
Publications
2026 Science Translational Medicine
Corticosteroid resistance is predetermined by early immune response dynamics at acute Graft Versus Host disease onset
Sophie Le Grand, Yannick Marie, Delphine Bouteiller, Margo Fernandez, Gwendolyn Marguerit, Marion Lambert, Émeline Mundwiller, Émilie Robert, Régis Peffault de Latour, Gérard Socié, Nicolas Vallet, David Michonneau
Consulter2025 Science Translational Medicine
A spatial atlas of human gastrointestinal acute GVHD reveals epithelial and immune dynamics underlying disease pathophysiology.
Nofar Azulay, Idan Milo, Yuval Bussi, Raz Ben‑Uri, Tal Keidar Haran, Michal Eldar, Ofer Elhanani, Yotam Harnik, Oran Yakubovsky, Ido Nachmany, Tomer‑Meir Salame, Martin Wartenberg, Philippe Bertheau, David Michonneau, Gerard Socie, Leeat Keren
Consulter2025 Journal of Experimental Medicine
Gut microbiota-derived TMAVA is a modulator of acute CNS-GVHD
Sangya Chatterjee, Tamina Rückert, Ina Martin, Elisa Michaeli, Joerg Buescher, Petya Apostolova, Daniel Erny, Maria‑Eleni Lalioti, Francesca Biavasco, Alina Hartmann, Solveig Runge, Lukas M. Braun, Nana Talvard‑Balland, Rachael C. Adams, Annette Schmitt‑Graeff, James Cook, Valentin Wenger, Dimitrios Athanassopoulos, Dilara Hasavci, Alexander Paolo Vallejo‑Janeta, Thomas Blank, Philipp Schaible, Janaki Manoja Vinnakota, Alexander Zähringer, Stephanie C. Ganal‑Vonarburg, Wolfgang Melchinger, Dietmar Pfeifer, Natalie Köhler, Stephan P. Rosshart, David Michonneau, Gérard Socié, Geoffroy Andrieux, Nina Cabezas‑Wallscheid, Melanie Boerries, Marco Prinz, Robert Zeiser
Consulter2025 Blood
Challenges in GVHD and GVL after hematopoietic stem cell transplantation for myeloid malignancies
Gerard Socie
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