Équipe MARIE-CARDINE
Onco-Dermatologie et ThérapiesEn apprendre plus sur l'équipe
Notre équipe s’intéresse aux cancers de la peau, et plus particulièrement aux lymphomes T cutanés et au mélanome. Nous étudions les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la transformation cellulaire et l’échappement tumoral, en nous concentrant notamment sur les voies de résistance ou de rechute aux traitements et sur l’inhibition des réponses immunitaires antitumorales. Nos recherches présentent une forte orientation translationnelle, associant l’étude clinique de nouvelles thérapies à la recherche fondamentale sur les cibles tumorales et immunitaires pertinentes.
Axes explorés
Notre équipe développe des projets de recherche consacrés aux cancers de la peau, avec un intérêt particulier pour le mélanome et les lymphomes cutanés à cellules T (LCT). Bien que ces maladies résultent de la transformation de différents types cellulaires (les mélanocytes et les lymphocytes T CD4+), elles partagent des caractéristiques communes telles qu’une physiopathologie partiellement élucidée, l’absence de traitements aux stades avancés, la nécessité de comprendre les mécanismes de rechute ou de résistance aux traitements actuellement disponibles et, par conséquent, un besoin en thérapies alternatives.
Afin de répondre à ces questions, nous avons adopté des stratégies de recherche visant à élucider les mécanismes conduisant à :
- la promotion de la croissance et de la dissémination des cellules tumorales (identification de nouveaux oncogènes et antigènes tumoraux, ainsi que des voies de signalisation qui leur sont associées),
- l’inhibition des réponses immunitaires antitumorales (modification du microenvironnement et néosynthèse de molécules inhibitrices par la tumeur),
- le développement par les cellules tumorales de stratégies d’adaptation et d’échappement aux thérapies à base d’anticorps ou d’inhibiteurs protéiques.
Grâce à notre collaboration étroite et durable avec le département d’onco-dermatologie de l’hôpital Saint Louis, nos résultats devraient permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, tant au niveau tumoral qu’immunitaire, et ainsi de développer de nouveaux traitements.
Groupe de Anne Marie-Cardine

Axe 1 : Lymphomes T cutanés: caractérisation cellulaire et développement de nouvelles thérapies
Les lymphomes cutanés à cellules T (LCT) représentent un groupe hétérogène de lymphomes non hodgkiniens prenant naissance dans la peau. Nos recherches portent principalement sur deux types de LCT : le mycosis fongoïde (MF), où les cellules tumorales s’accumulent dans la peau, et le syndrome de Sézary (SS), une forme très agressive caractérisée par la présence de cellules malignes à la fois dans la peau et le sang. La physiopathologie de ces maladies reste controversée, notamment en ce qui concerne l’origine des cellules tumorales et les facteurs déclencheurs de la tumorigénèse. Bien que les cellules malignes aient été identifiées comme une expansion clonale de lymphocytes T CD4+ à phénotype mémoire, leur détection phénotypique repose sur la perte d’antigènes pan-T tels que CD26 et/ou CD7. Nos travaux antérieurs ont permis d’identifier le premier marqueur positif des lymphocytes T malins cutanés et circulants du MF et du SS : le récepteur des cellules NK KIR3DL2. Une étude pré-clinique, réalisée au laboratoire, a permis de démontrer qu’il était possible de promouvoir la déplétion des cellules tumorales in vitro, ex vivo et in vivo, en présence d’un anticorps anti-KIR3DL2. Suite à cette preuve de concept, un essai clinique de phase I/II a été mis en place, qui a montré des résultats convaincants en termes de sécurité et d’efficacité thérapeutiques chez les patients atteints du syndrome de Sézary.
Dans la mesure où 10 % des patients atteints du syndrome de Sézary présentent des lymphocytes T malins n’exprimant pas KIR3DL2, nous poursuivons nos recherches afin d’identifier de nouveaux antigènes tumoraux spécifiques des LTC. Nous avons déjà identifié de nouvelles cibles tumorales (ex: CD39, CCR8) pour lesquelles la promotion d’une déplétion tumorale en présence d’anticorps les reconnaissant est actuellement en cours d’évaluation.
Axe 2 : CD160, nouvel antigène tumoral du mélanome et des cancers du sein
CD160 a initialement été identifié comme un récepteur activateur à ancre GPI (CD160-GPI) principalement exprimé à la surface des cellules NK du sang périphérique. CD160 a pour ligands les molécules du CMH de classe I et HVEM. Nous avons établi qu’après activation CD160-GPI est clivé, conduisant au relargage d’une forme soluble (sCD160) capable d’inhiber la fonction cytotoxique des lymphocytes NK et T CD8+. Nous avons également décrit l’existence d’une isoforme transmembranaire de CD160 (CD160-TM), résultant de l’épissage alternatif du gène CD160. L’expression de CD160-TM à la surface des cellules NK est fortement restreinte et dépendante de leur activation. CD160-TM remplit lui aussi une fonction de récepteur activateur, son engagement conduisant à une amplification la cytotoxicité des cellules NK.
Lors du marquage de biopsies issues de différentes tumeurs solides avec un anticorps anti-CD160, nous avons observé un fort marquage associé aux tumeurs primaires de mélanome et de cancer du sein triple négatif (TNBC). Nos études ont permis d’établir que cette positivité résultait de l’expression spécifique de:
CD160-GPI par les cellules de mélanome :
Nous avons établi que les cellules de mélanome exprimaient puis sécrétaient constitutivement du sCD160 capable d’inhiber l’activité cytotoxique des lymphocytes NK. De plus une présence sérique de sCD160 a été retrouvée dans une petite cohorte de patients atteints d’un mélanome, associée à une plus grande dissémination tumorale (nombre de sites métastatiques élevé). Ces résultats sont donc en faveur d’un rôle du sCD160 sécrété par la tumeur dans les mécanismes conduisant à une inhibition de la réponse et de la surveillance anti-tumorale dans le contexte du mélanome.
CD160-TM par les tumeurs TNBC :
Cette identification de CD160-TM comme marqueur tumoral des TNBC nous a permis de valider l’utilisation d’un anticorps anti-CD160-TM pour cibler puis promouvoir la déplétion des cellules tumorales mammaires.
La caractérisation fonctionnelle de CD160-TM dans les cancers du sein ainsi que l’évaluation du potentiel thérapeutique d’anticorps anti-CD160 dans le contexte du mélanome sont actuellement en cours.
Groupe de Jean-Luc Poyet

Axe 1 : Interactions protéine-protéine dans le contrôle de l’apoptose : développements thérapeutiques
Le cancer constitue un problème majeur de santé publique et représente, dans ce contexte, un défi considérable pour la découverte de nouveaux médicaments, tant en termes d’identification de cibles thérapeutiques pertinentes que de développement de traitements innovants. Parmi les cibles moléculaires impliquées dans la pathogenèse de divers types de cancers, les interactions protéine-protéine (PPI) jouent un rôle déterminant. Dans ce cadre, notre programme de recherche vise à concevoir et à développer des antagonistes de faible poids moléculaire des PPI agissant sur des régulateurs clés de l’apoptose.
L’un des facteurs majeurs contribuant à la persistance des cellules malignes réside dans le déséquilibre entre molécules pro-survie et molécules pro-apoptotiques. Par ailleurs, l’évasion de l’apoptose, considérée comme l’une des caractéristiques fondamentales du cancer, confère aux cellules tumorales une résistance importante aux approches thérapeutiques actuellement disponibles. Dans cette perspective, le décryptage des mécanismes moléculaires régissant l’apoptose dans le cancer doit permettre : i) d’affiner la compréhension des pathologies étudiées et ii) de fournir une base rationnelle au développement de composés spécifiquement destinés à moduler l’apoptose pathologique.
Partant de ce constat, notre projet vise à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques grâce à l’étude des interactions protéiques dans le domaine de l‘apoptose. L’objectif est de produire des sondes thérapeutiques actives au travers du contrôle des interactions protéine-protéine. L’approche choisie consiste à partir de protéines dont la fonction dans l’apoptose est connue, à identifier leurs partenaires à partir de criblages exhaustifs en double-hybride dans un système de levure, à caractériser leurs fonctions biologiques et à s’interroger quant à la pertinence de ces partenaires comme cibles pharmacologiques. Une fois les cibles sélectionnées, les déterminants structuraux de l’interaction protéine-protéine sont disséqués afin de tenter de construire un inhibiteur de type peptidique, dans un premier temps, possédant les motifs clefs impliqués dans l’interaction. Les molécules ainsi produites sont ensuite évaluées en termes d’efficacité, de toxicité, de tolérance et de propriétés pharmacodynamiques dans différents modèles murins de xénogreffes de lignées cellulaires ou de xénogreffes dérivées de patients. Cette approche nous a permis de concevoir et de breveter une série de peptides pénétrants pouvant cibler des protéines d’échafaudage exprimées de façon ubiquitaire dans les cellules cancéreuses et nécessaires à leur survie, mais pas à celle des cellules saines. Ces peptides sont ainsi capables d’inhiber la croissance tumorale dans différents modèles cancéreux murins.
Groupe de Nicolas Dumaz

Axe 1 : Signalisation et thérapies ciblées dans le mélanome
Les projets que nous développons sur le mélanome sont axés sur l’étude de la transduction du signal en aval des principaux oncogènes mutés dans le mélanome, dans le but de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques pour ces tumeurs. Nous travaillons en étroite collaboration avec le service d’onco-dermatologie afin de transférer rapidement nos résultats en clinique par le biais d’études translationnelles et d’essais cliniques.
La phosphodiestérase de type 4 (PDE4) est un régulateur majeur de la voie de signalisation de l’AMP cyclique et apparaît comme un acteur important dans plusieurs cancers où son expression est souvent associée à un mauvais pronostic. Nous avons démontré que l’inhibition de la voie de signalisation de l’AMPc par les protéines PDE4 est nécessaire à la transformation des mélanocytes par les oncogènes BRAF et RAS, et que la protéine PDE4D est surexprimée dans les mélanomes métastatiques et régule l’invasion par son interaction avec la FAK. Par ailleurs, la surexpression de la protéine PDE4D est aussi associée à la résistance à la thérapie ciblant la voie MAPK. Son inhibition bloque la prolifération des cellules de mélanome ex vivo et in vivo dans un modèle murin suggérant que l’inhibition des protéines PDE4 est une nouvelle option thérapeutique pour le traitement des patients atteints de mélanome.
La voie de signalisation PI3K/AKT/mTOR est essentielle à la croissance, la survie et la plasticité des cellules tumorales. Au cœur de cette voie, le complexe mTORC2 régule l’activation d’AKT via la phosphorylation sur sa S473. En son sein, la sous-unité SIN1 (appelée aussi MAPKAP1) joue un rôle central en assurant la stabilité et la spécificité de mTORC2 vis-à-vis de ses substrats. Son expression est fréquemment augmentée dans divers cancers, et sa surexpression est associée à une prolifération accrue, une invasion renforcée et une résistance thérapeutique. Par ailleurs, SIN1 constitue un nœud de signalisation à l’interface des voies PI3K/AKT/mTOR et d’autres voies de signalisation fréquemment altérées dans les cancers et en particulier la voie MAPK. Nous avons démontré que SIN1 agissait comme un acteur clé des états de tolérance et de résistance thérapeutique dans le mélanome, soutenant la signalisation de survie en contexte de stress pharmacologique. Nous avons conçu un peptide inhibiteur original capable de bloquer spécifiquement l’interaction RAS-SIN1 qui est très présente dans les cellules résistantes. Ce peptide cellulo-pénétrant induit la dissociation du complexe RAS-SIN1 et diminue la prolifération, augmente l’apoptose, et potentialise l’effet d’un inhibiteur de BRAF. Ce travail met en lumière le rôle tumorigène de SIN1 et propose une stratégie originale de ciblage de l’interaction RAS-SIN1 pour restaurer la sensibilité aux thérapies ciblées des mélanomes mais aussi au-delà.
Groupe de Samia Mourah
Axe 1 : En construction
Membres de l'équipe
Alexandre MONTANÈDE
IE
Améni BEN JAZIA
IE
Armand BENSUSSAN
PhD, DRCE / Emérite
Aurélie SADOUX
IE
Caroline RAM-WOLFF
PH
Céleste LEBBÉ
MD, PhD, PU-PH
Christelle SENNINGER-LOUBIAT
TR
Emilien EZINE
MD, PhD, PH
Fanélie JOUENNE
MCU-PH
Isabelle KUZNIAK
TR
Julie DELYON
MD, PhD, MCU-PH
Lauriane GOLDWIRT
PH
Marc RASSY
IE
Maxime BATTISTELLA
MD, PhD, HDR, PU-PH
Nicolas THONNART
IE
Philippe MUSETTE
MD, PhD, HDR, PU-PH
Alumni de l'équipe
Claire LUTZ
MD, Doctorante - 2023-2026
Guojun MA
MD, Doctorante - 2026-2030
Lingran YANG
Doctorant - 2025-2029
Yihang FU
MD, Doctorante - 2024-2028
Publications
2025 Molecules
Evaluation of the Antitumor and Antiproliferative Potential of Synthetic Peptides Derived from IsCT1, Associated with Cisplatin, in Squamous Cell Carcinoma of the Oral Cavity
Laertty Garcia de Sousa Cabral, Cyntia Silva de Oliveira, Vani Xavier Oliveira Jr, Ellen Paim de Abreu Paulo, Jean‑Luc Poyet, Durvanei Augusto Maria
Consulter2024 Cell Commun Signal
PDE4D drives rewiring of the MAPK pathway in BRAF-mutated melanoma resistant to MAPK inhibitors
Julie Delyon, Selma Becherirat, Anissa Roger, Mélanie Bernard‑Cacciarella, Coralie Reger De Moura, Baptiste Louveau, Samia Mourah, Céleste Lebbé, Nicolas Dumaz
Consulter2024 Molecules
Antitumoral and Antiproliferative Potential of Synthetic Derivatives of Scorpion Peptide IsCT1 in an Oral Cavity Squamous Carcinoma Model.
Laertty Garcia de Sousa Cabral, Cyntia Silva de Oliveira, Vani Xavier Oliveira Jr, Rosely Cabette Barbosa Alves, Jean‑Luc Poyet, Durvanei Augusto Maria
Consulter2024 Oncogene
Inactivation of kindlin-3 increases human melanoma aggressiveness through the collagen-activated tyrosine kinase receptor DDR1
Coralie Reger De Moura, Baptiste Louveau, Fanélie Jouenne, Paul Vilquin, Maxime Battistella, Yaelle Bellahsen‑Harrar, Aurélie Sadoux, Suzanne Menashi, Nicolas Dumaz, Céleste Lebbé, Samia Mourah
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