Équipe AMARA & MEERTENS
Biologie et Pathogénèse des Infections Virales (VIRPATH)En apprendre plus sur l'équipe
Axes explorés
Axe 1 : Déterminants moléculaires du tropisme et de la pathogénèse des alphavirus
Nous avons récemment réalisé des avancées majeures dans la compréhension de la pathogénèse du virus chikungunya (CHIKV), un alphavirus transmis par les moustiques et responsable de douleurs articulaires et musculaires invalidantes pouvant persister pendant des années. Nous avons identifié FHL1, une protéine cytoplasmique spécifique du muscle, comme un déterminant critique du tropisme cellulaire et de la pathogénèse du CHIKV. FHL1 est détournée de sa fonction physiologique par nsP3, une protéine non structurale du CHIKV, afin permettre l’amplification des génomes viraux. NsP3 est l’une des protéines virales les plus énigmatiques codées par le CHIKV et les autres alphavirus, dont les fonctions demeurent encore largement mal caractérisées. Aux stades précoces de l’infection, nsP3 participe à l’assemblage des complexes de réplication des alphavirus et joue un rôle central dans la synthèse des ARN viraux. À mesure que l’infection progresse, nsP3 s’assemble en structures cytoplasmiques spécifiques, appelées alphagranules, qui constituent une signature morphologique caractéristique de l’infection par les alphavirus. Nous avons résolu la structure de nsP3 du CHIKV par cryo-microscopie électronique et démontré que les alphagranules résultent de l’oligomérisation de nsP3 via son domaine dit « AUD ». Ce domaine s’auto-assemble en structures tubulaires qui s’organisent en un réseau intracellulaire au sein des cellules infectées, dans lequel sont concentrés l’ARN génomique viral, la protéine de capside, ainsi que des facteurs cellulaires proviraux clés, notamment G3BP et FHL1. Cet axe de recherche vise à élucider les mécanismes moléculaires par lesquels l’interaction FHL1–nsP3 contrôle l’infection et la pathogénèse du CHIKV, ainsi qu’à définir la composition, l’organisation in situ et la fonction des alphagranules tout au long du cycle infectieux du CHIKV et d’autres alphavirus apparentés.
Axe 2 : Approches antivirales ciblant l’hôte pour lutter contre les maladies virales émergentes
Le développement de traitements antiviraux efficaces constitue une priorité majeure dans la lutte contre les épidémies virales émergentes, une cause importante de morbidité et de mortalité à l’échelle mondiale comme l’a illustré la pandémie de COVID-19. La plupart des antiviraux actuellement disponibles ciblent des protéines virales, une stratégie qui favorise l’émergence de résistances et limite souvent leur spectre d’action. À l’inverse, les approches antivirales dirigées contre l’hôte tirent parti de la dépendance étroite des virus à la machinerie cellulaire. En ciblant des facteurs cellulaires essentiels à la réplication virale, ces stratégies offrent le potentiel de réduire le risque d’échappement viral tout en ouvrant la voie au développement d’antiviraux à large spectre. Grâce à des criblages génétiques à grande échelle et à des approches protéomique par spectrométrie de masse, notre équipe a identifié de nombreuses protéines cellulaires jouant un rôle clé dans le cycle infectieux de plusieurs virus émergents, notamment les virus de la dengue, Zika, Mayaro, le virus respiratoire syncytial, le SARS-CoV-2 et le virus Oropouche. Nous analysons désormais, à l’échelle moléculaire, les mécanismes par lesquels ces virus détournent ces facteurs de l’hôte, dans le but d’identifier de nouvelles vulnérabilités cellulaires exploitables pour le développement de stratégies antivirales innovantes.
Axe 3 : BK polyomavirus et infections virales opportunistes chez les patients greffés
Le polyomavirus BK (BKPyV) est un virus à ADN ubiquitaire qui établit une infection latente dans l’arbre urinaire chez plus de 90 % de la population. Chez les patients immunodéprimés — en particulier après transplantation rénale ou greffe de cellules souches hématopoïétiques — les altérations de l’homéostasie immunitaire favorisent la réactivation du BKPyV, pouvant conduire à une infection lytique des cellules épithéliales de l’arbre urinaire. Cette réactivation est responsable de complications sévères, telles que la néphropathie et la cystite hémorragique associées au BKPyV. L’augmentation marquée du recours aux transplantations, notamment rénales, a fait du BKPyV un enjeu émergent de santé publique. Cette problématique est d’autant plus critique qu’il reste difficile d’identifier les patients à risque de complications et qu’aucun traitement antiviral spécifique n’est actuellement disponible, la prise en charge reposant essentiellement sur la modulation de l’immunosuppression. Face à cette impasse thérapeutique, notre équipe a développé une approche intégrée visant à décrypter les mécanismes moléculaires de l’infection à BKPyV. En combinant l’utilisation de cellules primaires humaines, d’organoïdes rénaux et d’échantillons cliniques, nous cherchons à cartographier les interactions virus–hôte essentielles au cycle infectieux du BKPyV, à élucider les mécanismes contrôlant la latence virale et sa réactivation en contexte d’immunosuppression et à caractériser les réponses immunitaires anti-BKPyV tant systémiques que tissulaires. Ces travaux ont pour objectif d’ouvrir la voie au développement d’antiviraux innovants ciblant le BKPyV, à l’identification de biomarqueurs diagnostiques et pronostiques cliniquement exploitables, ainsi qu’à l’établissement de modèles précliniques pertinents pour l’étude de la pathogénèse et l’évaluation de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ce projet s’inscrit dans le cadre du FHU TRANSVIR (« Innovative strategies to treat chronic viral infections after hematopoietic stem cell and solid organ transplantation »), un programme structurant porté par notre équipe qui fédère cliniciens et chercheurs autour des infections virales persistantes chez les patients greffés. Il bénéficie notamment de collaborations étroites avec les équipes d’Alexandre Loupy (Paris Institute for Transplantation & Organ Regeneration) et de Sophie Saunier (Institut Imagine, Paris) ainsi que la biotech Aircuris (https://www.aicuris.com/).
Membres de l'équipe
Jean-Michel MOLINA
MD, PhD, Chef du Département des Maladies Infectieuses, Hôpital St-Louis & Directeur Médical de l’Institut Pasteur
Jérôme LE GOFF
MD, PhD, Co-chef du laboratoire de Virologie, Hôpital St-Louis & coordinateur du FHU TRANSVIR
Alumni de l'équipe
Alexis BRUGIER
PhD
Athena LABEAU
PhD
Céline AMADORI
Post-Doc
Claudia UMANA-DIAZ
Post-Doc
Élodie COLIN
M2
Emma TOUZET
M2
Erwan KUBES
M2
Khadija BOURBIBE
Ingénieur
Laura LEVI
Chef clinique
Luc FERY
PhD
Lucie BONNET MADIN
Ingénieur
Manuel PERERA
PhD
Maria-Dolores FERNANDEZ-GARCIA
PhD
Marie POURCELOT
Post-Doc
Marie-Laure CHAIX-BAUDIER
MCU-PH
Melissa AIT-SAID
Post-Doc
Mohamed-Lamine LAFIRASSOU
Post-Doc
Ophélie DEJARNAC
PhD
Rasika Mohan RAMSADI
PhD
Sarah TESSIER
Ingénieur
Stéphane MAROT
M2
Sylvain CHAWKI
PhD
Vasiliya KRIL
PhD
Xavier CARNEC
Post-Doc
Zoé LAMA
M2
Publications
2026 Journal of Infectious Disease
BK Polyomavirus Genetic Diversity and Evolution in Kidney Transplant Recipients with Viral Nephropathy Using Whole Genome Sequencing
Julien Gras, Marie Laure Nere, Julien Robert, Kevin Louis, Marie Noëlle Peraldi, Linda Feghoul, Jérôme Verine, Ali Amara, Carmen Lefaucheur, Jean Michel Molina, Constance Delaugerre, Maud Salmona
Consulter2025 iScience
Differential response of human plasmacytoid pre-dendritic cells to SARS-CoV-2 variants
Daria Kartasheva‑Ebertz, Dimitrios Topalis, Claudia Umana‑Diaz, Okan Ayas, Laurine Couture, Pierre Tonnerre, Jasna Medvedovic, Laurent Meertens, Vassili Soumelis, Ali Amara
Consulter2025 Sciences Advances
Donor HLA-DQ genetic and functional divergence affect the control of BK polyoma virus infection after kidney transplantation
Mathieu F. Chevalier, Vincent Allain, Julien Gras, Julien Racle, Juliette Villemonteix, Gillian Divard, Linda Feghoul, Constance Delaugerre, Jean‑Michel Molina, Jean‑Luc Taupin, Marie‑Noelle Peraldi, David Gfeller, Cyrille Feray, Sophie Caillat‑Zucman
Consulter2024 Nat Commun
Alphavirus nsP3 organizes into tubular scaffolds essential for infection and the cytoplasmic granule architecture
Vasiliya Kril, Michael Hons, Celine Amadori, Claire Zimberger, Laurine Couture, Yara Bouery, Julien Burlaud‑Gaillard, Andrei Karpov, Denis Ptchelkine, Alexandra L. Thienel, Beate M. Kümmerer, Ambroise Desfosses, Rhian Jones, Philippe Roingeard, Laurent Meertens, Ali Amara, Juan Reguera
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